À Aix-en-Provence, un procès hors norme s’ouvre lundi 23 mars devant la cour d’assises. Six hommes sont jugés pendant trois semaines pour un double assassinat commis en 2019. Deux d’entre eux sont aujourd’hui considérés comme les chefs présumés de la DZ Mafia, un important réseau de trafic de drogue. Pour les forces de l’ordre, le niveau de précaution autour de cette audience est inédit dans les Bouches-du-Rhône.
Un procès criminel exceptionnel par son dispositif
Autour du palais de justice, plus d’une centaine de policiers et gendarmes seront mobilisés chaque jour. Leur mission : sécuriser les abords du tribunal, mais aussi encadrer les transferts quotidiens des accusés entre leurs établissements pénitentiaires et la cour d’assises. Une attention particulière est portée aux deux trentenaires présentés comme les têtes de la DZ Mafia, surnommés « Gaby » et « Mamine ».
Risque d’évasion et contrôles systématiques
Le dispositif a été renforcé après la découverte d’un possible projet d’évasion évoqué au téléphone depuis la cellule de l’un des accusés, détenu dans la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil. En réponse, les autorités ont décidé d’instaurer des contrôles au plus haut niveau : pendant toute la durée du procès, toute personne entrant au tribunal sera soumise à un passage au scanner, sans exception. Magistrats, avocats, personnels et visiteurs devront s’y conformer.
Une « prise de conscience » face au crime organisé
Une salle de crise dédiée a été installée pour coordonner en permanence les forces de sécurité et anticiper tout scénario. Ceux qui ont participé à la préparation de ce dispositif parlent d’un travail où « tout est envisagé ». Un magistrat souligne qu’il n’a pas été difficile d’obtenir les moyens nécessaires et y voit le signe d’une prise de conscience accrue de la dangerosité de la criminalité organisée. Ce procès, très surveillé, est appelé à devenir une référence en matière de sécurisation des grandes affaires criminelles.




