Une information judiciaire pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste a été ouverte après la tentative d’attentat déjouée contre le siège parisien de la Bank of America, dans la nuit du 27 au 28 mars. Le parquet national antiterroriste a demandé la mise en examen et le placement en détention provisoire de quatre suspects : trois mineurs sans casier et un majeur déjà condamné pour trafic de stupéfiants. Cinq personnes au total ont été placées en garde à vue.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, évoque un possible lien avec le régime iranien. Selon lui, le mode opératoire – engin explosif artisanal, volonté de filmer et de revendiquer l’action – ressemble à des attaques récentes aux Pays-Bas et en Belgique. Un groupuscule, « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya » (Hayi), qui a revendiqué plusieurs attaques contre la communauté juive en Europe, est évoqué par le parquet, sans confirmation formelle à ce stade.
Laurent Nuñez appelle à la prudence, rappelant qu’aucun élément judiciaire ne permet encore d’établir clairement la responsabilité de ce réseau ou de l’Iran. Il souligne toutefois que l’Europe fait face depuis plusieurs années à des opérations attribuées à des intérêts iraniens, citant notamment une attaque déjouée en 2018 contre un rassemblement d’opposants iraniens à Villepinte.
En réaction, le dispositif militaire Sentinelle a été renforcé. Des patrouilles supplémentaires sont déployées pour sécuriser, entre autres, les intérêts américains en France, dont la liste est suivie de près par le ministère de l’Intérieur. Les autorités disent vouloir adapter en permanence ce dispositif en fonction de la menace.




