Une enquête sensible pour espionnage présumé au profit de la Chine secoue la petite commune de Camblanes-et-Meynac, en Gironde. Quatre hommes ont été mis en examen, dont deux ingénieurs chinois qui louaient une maison sur Airbnb. C’est un détail du quotidien, des coupures d’internet répétées dans le voisinage, qui a mis la puce à l’oreille des habitants et déclenché l’intervention des autorités.
Un village tranquille confronté à une affaire d’espionnage
Camblanes-et-Meynac est une commune résidentielle sans histoire, où les habitants se disent abasourdis. Commerçants et riverains expliquent être régulièrement interrogés par leurs clients, sans pour autant avoir remarqué quelque chose d’anormal avant les coupures de réseau. Beaucoup insistent sur le calme habituel des lieux et sur le contraste avec la gravité des soupçons qui pèsent désormais sur la maison louée par les deux ressortissants chinois.
Une parabole géante et des coupures d’internet comme signal d’alerte
Tout part d’une installation repérée dans le jardin de cette maison : une grande antenne parabolique d’environ deux mètres de diamètre, pointée vers le ciel. Intrigués par cet équipement inhabituel et perturbés par des interruptions répétées de leur connexion internet, des voisins alertent les autorités. Le maire de la commune explique que ces dysfonctionnements ont contribué à éveiller les soupçons et à conduire les habitants à signaler la situation aux services compétents.
Du matériel sophistiqué pour capter des données stratégiques
L’enquête est rapidement confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Lors d’une perquisition dans la maison, les enquêteurs découvrent un dispositif informatique relié à plusieurs antennes paraboliques. Selon les premiers éléments de l’enquête, ce matériel aurait permis de capter des données issues du réseau satellitaire Starlink, avec un risque d’accès à des informations militaires jugées ultrasensibles. Les deux ingénieurs chinois sont interpellés puis mis en examen, soupçonnés d’avoir transmis des informations stratégiques à la Chine.
Les suspects contestent toute activité d’espionnage
Les principaux mis en cause rejettent fermement les accusations. Par la voix de son avocat, l’un d’eux affirme être venu en France dans le cadre d’une mission professionnelle pour une entreprise chinoise, sans lien avec un quelconque service de renseignement. Deux autres suspects, des commerçants chinois installés de longue date en France, sont également mis en examen. Ils sont soupçonnés d’avoir facilité l’importation du matériel utilisé par les ingénieurs. Tous encourent de lourdes peines en cas de condamnation, tandis que l’enquête se poursuit pour éclaircir la nature exacte des données collectées et d’éventuels commanditaires.




