Quatre hommes ont été placés en garde à vue dans l'enquête sur l'évasion meurtrière de Mohamed Amra, survenue en mai 2024 dans l'Eure. Ils sont soupçonnés d'avoir joué un rôle dans cette opération, qui avait coûté la vie à deux agents pénitentiaires et grièvement blessé trois autres. Au total, 47 personnes sont désormais mises en examen dans ce dossier.
Une évasion sous forme de guet-apens
Le 14 mai 2024, au péage d'Incarville (Eure), le fourgon pénitentiaire transportant Mohamed Amra est pris pour cible. Des hommes lourdement armés attaquent le convoi et parviennent à libérer ce détenu de 32 ans, présenté comme un narcotrafiquant. L'assaut, préparé à l'avance, tourne au drame : deux surveillants pénitentiaires sont tués, trois autres grièvement blessés. L'affaire provoque une forte émotion dans tout le pays.
Une enquête tentaculaire et des moyens exceptionnels
L'enquête, reprise par le nouveau parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), a rapidement pris une dimension hors norme. Les magistrats et les enquêteurs mobilisent d'importants moyens pour identifier tous les soutiens présumés de Mohamed Amra : auteurs de l'attaque, logisticiens, complices présumés en France et à l'étranger. Certains suspects ont été arrêtés alors qu'ils se trouvaient en fuite, notamment au Maroc. Les quatre nouvelles gardes à vue viennent s'ajouter à une longue liste de mis en cause dans ce dossier qualifié de tentaculaire.
Fin de cavale en Roumanie pour "La Mouche"
Surnommé "La Mouche", Mohamed Amra était parvenu à disparaître durant plusieurs mois après son évasion. Sa cavale prend finalement fin le 22 février 2025 à Bucarest, en Roumanie, où il est interpellé. Depuis, l'enquête se concentre sur la reconstitution précise de la préparation de l'attaque, de l'organisation de sa fuite et du rôle de chaque suspect. Les nouvelles gardes à vue doivent permettre de clarifier ces responsabilités et de remonter encore la chaîne des complicités.




