Le procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 doit s’ouvrir lundi 16 mars devant la cour d’appel de Paris. Mais la présence de Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée et proche de Nicolas Sarkozy, n’est pas garantie. Son avocat, Philippe Bouchez El Ghozi, évoque l’état de santé de son client, 81 ans, et veut demander une expertise médicale pour déterminer s’il est en mesure d’assister aux audiences, prévues jusqu’au 3 juin.
Un pilier du dispositif sarkozyste au cœur du procès
En première instance, Claude Guéant a été condamné à six ans de prison pour plusieurs infractions, dont corruption, trafic d’influence passive, faux, usage de faux et association de malfaiteurs. Le tribunal avait toutefois renoncé à délivrer un mandat de dépôt à l’audience, en tenant compte de son état de santé. Il a également été condamné à 250 000 euros d’amende. Figure centrale du quinquennat Sarkozy, il est jugé pour son rôle supposé dans l’organisation d’un financement occulte venu de Libye.
Un supposé « pacte de corruption » avec le régime Kadhafi
Les juges lui reprochent d’avoir contribué à la conclusion d’un « pacte de corruption » avec l’entourage de Mouammar Kadhafi. Il aurait notamment rencontré discrètement Abdallah Senoussi, beau-frère de l’ancien dirigeant libyen. Cet ex-chef des services de renseignement militaires a été condamné par défaut à la perpétuité en France pour son implication dans l’attentat du DC-10 d’UTA, qui avait fait 170 morts en 1989. Claude Guéant affirme pour sa part avoir été piégé par Abdallah Senoussi et conteste les accusations.
Un procès d’appel très attendu
Cette affaire a déjà conduit à la condamnation en première instance de Nicolas Sarkozy, reconnu coupable et sanctionné par une peine de cinq ans de prison, dont une partie ferme, pour financement illégal de campagne et corruption. Le procès en appel doit réexaminer les responsabilités de chacun dans ce dossier à forte dimension politique et diplomatique. La cour d’appel devra dire si Claude Guéant peut, ou non, être présent physiquement aux débats, une question qui pourrait peser sur le rythme et le déroulement des audiences.




