Le conducteur soupçonné d'avoir mortellement percuté le gendarme Éric Comyn lors d'un contrôle routier à Mougins (Alpes-Maritimes), en août 2024, va comparaître devant la cour d'assises pour meurtre. Le militaire de 54 ans avait été renversé par un automobiliste en situation de récidive après un refus d'obtempérer. Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume quelques semaines plus tard.
Ce que dit l'ordonnance de renvoi
Dans son ordonnance de mise en accusation, le juge d'instruction estime que le suspect "a donné volontairement la mort à l'adjudant Éric Comyn". Il retient la circonstance aggravante liée à la qualité de "personne dépositaire de l'autorité publique" : le gendarme a été tué alors qu'il était en service, et le conducteur savait qu'il avait affaire aux forces de l'ordre. Le magistrat relève que le suspect a reconnu, quelques minutes après les faits, auprès de sa sœur, avoir renversé un gendarme.
Les éléments retenus par l'enquête
Pour motiver la qualification de meurtre, le juge s'appuie notamment sur "l'accélération délibérée du véhicule" juste avant l'impact. Les expertises en accidentologie et les images de vidéosurveillance n'ont montré "aucune manœuvre d'évitement" de la part du conducteur, qui se trouvait en état d'ivresse. L'ordonnance précise également que les conditions de visibilité étaient "bonnes" et que la zone était pourvue d'un éclairage public, écartant l'hypothèse d'un défaut de perception de l'obstacle.
La famille satisfaite, la défense fait appel
L'avocate de la famille du gendarme, Pauline Ragot, indique que ses clients accueillent cette décision "avec satisfaction" et se préparent désormais au procès d'assises, qu'ils souhaitent voir organisé dans les meilleurs délais. Selon elle, la justice envoie un signal clair : percuter volontairement un représentant des forces de l'ordre lors d'un refus d'obtempérer constitue l'un des actes criminels les plus graves et doit être jugé comme tel. De son côté, l'avocate du mis en cause, Marie Seguin, annonce que son client a fait appel de l'ordonnance de mise en accusation, contestant ainsi la décision du juge.




