L’Union européenne a décidé d’inscrire le Corps des Gardiens de la Révolution islamique, pilier militaire et idéologique du régime iranien, sur sa liste des organisations terroristes. Une décision prise après la répression sanglante du mouvement de contestation en Iran.
Concrètement, cette inscription entraîne le gel des avoirs et des fonds des personnes et entités liées aux Gardiens de la Révolution dans l’UE. Il devient interdit de leur fournir, directement ou indirectement, des ressources économiques. Les États membres renforcent aussi leur coopération policière et judiciaire pour prévenir et poursuivre les actes terroristes. Une dérogation existe toutefois pour permettre certaines transactions humanitaires.
Cette mesure s’ajoute à un arsenal déjà fourni. Depuis 2011, l’UE a adopté dix séries de sanctions contre le régime iranien, durcies après 2022. Les Gardiens de la Révolution, ainsi que des dizaines d’entités et plus de 200 responsables iraniens, sont déjà visés par des gels d’avoirs, des interdictions de voyage et des restrictions sur les exportations, notamment d’armes et de technologies sensibles.
Pour de nombreux spécialistes, l’impact pratique de ce nouveau classement sera donc limité, les sanctions existantes étant déjà très larges. En revanche, la portée politique est forte : pour la première fois, un corps militaire d’un État souverain est officiellement désigné comme organisation terroriste par l’UE. Un signal direct à Téhéran, alors que l’Iran menace de « conséquences destructrices » sans en préciser la nature.


