Dix jours après la mort à Lyon du militant d'extrême droite Quentin Deranque, le gouvernement a saisi la justice au sujet d'une possible reformation de la Jeune Garde, groupe antifasciste dissous en 2025. La décision a été annoncée à l'issue d'une réunion consacrée aux groupes d'action violente organisée mardi 24 février à l'Élysée.
Une réunion dédiée aux groupes violents
La rencontre, convoquée à la demande d'Emmanuel Macron, a rassemblé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, des représentants de Matignon et des responsables de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Objectif : faire un point sur la lutte contre les groupes violents, qu'ils soient issus de l'ultradroite ou de l'ultragauche, et examiner les suites à donner après les événements récents survenus à Lyon.
Des soupçons de reconstitution locale
Selon un participant à la réunion, les services de renseignement surveillaient déjà d'éventuelles tentatives de reconstitution de la Jeune Garde, dissoute l'année précédente par le ministère de l'Intérieur. Des « soupçons d'émanation » du mouvement auraient été identifiés dans cinq territoires. Ces éléments, auxquels se seraient ajoutées des informations liées aux événements de Lyon, ont conduit l'exécutif à transmettre le dossier à la justice.
Cinq structures visées par des procédures
Emmanuel Macron a demandé au ministère de l'Intérieur d'engager des procédures de dissolution visant cinq structures locales considérées comme des prolongements de la Jeune Garde. Ces démarches s'inscrivent dans la continuité de la politique menée depuis 2017 : 24 mouvements dits « ultras » ont déjà été dissous, dont 19 appartenant à l'ultradroite et 5 à l'ultragauche. Quatre nouvelles dissolutions sont également annoncées, visant trois groupes d'ultradroite et un d'ultragauche.
Une politique de fermeté revendiquée
Les participants à la réunion affirment que les autorités entendent maintenir la même vigilance à l'égard des organisations violentes, quel que soit leur camp politique. Ils soulignent toutefois que le nombre de structures issues de l'ultradroite est aujourd'hui plus élevé, ce qui expliquerait la majorité des dissolutions prononcées contre ce courant ces dernières années. La saisine de la justice sur la possible reconstitution de la Jeune Garde s'inscrit dans ce cadre de fermeté affichée face à l'ensemble des groupes d'action violente.




