Le musée du Louvre est au cœur d'une affaire de fraude à la billetterie qui aurait duré près de dix ans. Des guides touristiques et des agents internes sont soupçonnés d'avoir détourné des recettes en réutilisant des billets pour faire entrer des groupes de visiteurs, notamment chinois. Le préjudice total est estimé à plus de 10 millions d'euros.
Comment la fraude a été mise au jour
L'affaire démarre fin 2024, lorsque la direction du Louvre signale des soupçons aux autorités. Dans le collimateur, un couple de guides d'origine chinoise. Des surveillances et des écoutes téléphoniques sont alors mises en place. Elles permettent de confirmer que les mêmes tickets étaient utilisés plusieurs fois pour des touristes différents, en contournant les contrôles habituels. D'autres guides sont ensuite repérés pour des pratiques similaires.
Un réseau structuré autour de la billetterie
Selon les premiers éléments de l'enquête, la fraude ne se limitait pas à quelques actes isolés. Des guides, mais aussi deux agents du musée, sont suspectés d'avoir participé à un système organisé de réutilisation de billets. Une personne est soupçonnée d'avoir coordonné ce réseau de grande ampleur. Les montants en jeu, évalués à plus de 10 millions d'euros, laissent penser à une activité installée dans la durée.
Neuf interpellations et une enquête en cours
Le 10 février, neuf personnes ont été interpellées dans le cadre de cette affaire, dont les guides mis en cause, deux employés du Louvre et le présumé organisateur du réseau. Les enquêteurs s'intéressent aussi à l'utilisation de l'argent détourné : une partie des fonds aurait été investie dans des biens immobiliers, à Paris comme à Dubaï. Le parquet de Paris doit communiquer de nouveau le 13 février sur les suites données aux gardes à vue et sur les prochaines étapes de l'enquête.
Un coup porté à l'image d'un musée emblématique
Ce scandale intervient dans l'un des musées les plus fréquentés au monde, symbole du patrimoine français. Au-delà du montant du préjudice, l'affaire pose la question de la sécurité des systèmes de billetterie et des contrôles internes dans les grands établissements culturels. L'enquête devra déterminer les responsabilités de chacun et préciser comment un tel dispositif a pu fonctionner aussi longtemps sans être détecté.




