Mort de Quentin Deranque : à Lyon, la peur d’un engrenage violent

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16/2/2026
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Mort de Quentin Deranque : à Lyon, la peur d’un engrenage violent

À Lyon, la mort de Quentin Deranque, 23 ans, militant nationaliste proche du collectif identitaire Némésis, ravive les tensions politiques. Violemment passé à tabac jeudi 15 janvier à proximité de l'Institut d'études politiques, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, le jeune homme est décédé samedi. Le maire Grégory Doucet a appelé à « l'apaisement » et à laisser la police et la justice travailler, alors que l'extrême gauche est pointée du doigt par une partie de la classe politique.

Une ville sous le choc après une agression mortelle

L’agression s’est déroulée dans une rue du vieux Lyon, où habitent de nombreux étudiants. Selon les premiers éléments de l’enquête, Quentin Deranque aurait été frappé au sol par plusieurs individus masqués et cagoulés. Le procureur de Lyon a ouvert une enquête pour homicide volontaire après avoir évoqué un « traumatisme crânien majeur » ayant entraîné sa mort. Dans le quartier, les habitants racontent une scène d’une violence rare, et disent leur inquiétude face à la radicalisation des affrontements entre militants.

Des habitants partagés entre colère et peur

À la sortie de la messe à l’église Saint-Georges, paroisse traditionaliste que fréquentait le jeune homme, certains proches et fidèles dénoncent frontalement les militants antifascistes et La France insoumise, accusés d’encourager un climat de haine. « Ils ont des milices et se sentent impunis, ça ne fait qu’escalader la violence », fulmine un jeune homme. Un peu plus loin, Pierre, étudiant se disant de gauche et arborant un pin’s aux couleurs de la Palestine, condamne lui aussi la mort de Quentin Deranque. Il y voit le symptôme d’une « violence exacerbée des deux côtés », tout en rappelant que, selon lui, « la plupart du temps, c’est la violence d’extrême droite qui fait le plus de victimes ». Victime d’une agression homophobe l’été dernier qu’il attribue à un militant d’extrême droite, il admet se montrer désormais plus prudent dans le vieux Lyon.

Crainte d’un cycle de représailles politiques

Adam, 18 ans, étudiant en médecine, habite la rue où Quentin Deranque a été frappé. Choqué par ce qu’il a vu et entendu, il juge ces violences « incompatibles » avec les valeurs de gauche auxquelles il se dit attaché. Mais il redoute surtout la suite : « J’ai l’impression que ça va désormais être une arme utilisée par l’extrême droite. Ça me fait peur… On risque d’entrer dans une boucle de violences : une attaque, puis la vengeance. » Ces craintes sont renforcées par plusieurs dégradations survenues dans le pays : le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez fait état d’« une dizaine de permanences de députés LFI » vandalisées dans la nuit de vendredi à samedi, dans un contexte de fortes tensions politiques autour de ce drame.

Des slogans menaçants sur les murs de Lyon

Au cours du week-end, des graffitis « Justice pour Quentin » accompagnés de croix celtiques sont apparus sur différents murs de la ville, symboles fréquemment associés à l’extrême droite radicale. D’autres inscriptions, plus directement menaçantes, visent le député LFI Raphaël Arnault, militant antifasciste cité par plusieurs témoins dans l’affaire, avec des tags « Mort à Raphaël Arnault ». Tandis que l’enquête se poursuit et que les auteurs de l’agression sont toujours recherchés, les autorités locales tentent d’éviter l’escalade. Reste à savoir si les appels à la retenue et au calme suffiront à contenir la colère et la peur qui s’expriment aujourd’hui dans les rues de Lyon.

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