De nouvelles vidéos analysées par les enquêteurs éclairent un peu plus le déroulé des violences qui ont conduit à la mort de Quentin Deranque, jeune militant nationaliste, le 12 février à Lyon. Elles retracent les minutes qui ont précédé le drame, depuis une première échauffourée devant Sciences Po Lyon jusqu'au passage à tabac fatal, quelques dizaines de mètres plus loin.
Une manifestation qui dégénère en affrontement de rue
Jeudi 12 février, vers 17h45, des militantes du groupe identitaire Némésis se rassemblent devant Sciences Po Lyon pour protester contre la venue de l’eurodéputée La France insoumise Rima Hassan. Une banderole est déployée et une première altercation éclate avec des militants d’ultragauche. La tension monte rapidement et les deux camps se déplacent ensuite de l’autre côté des voies ferrées, à la sortie d’un tunnel, où la confrontation tourne à la bataille rangée.
Sur l’une des séquences filmées, les analystes vidéo recensent au moins 14 personnes dans chaque camp. Les militants d’ultradroite sont vêtus majoritairement de noir, ceux d’ultragauche portent des vêtements gris et verts. Cinq armes sont visibles côté ultradroite : une bombe lacrymogène, un casque, une béquille, un parapluie et un fumigène utilisé comme projectile. Côté ultragauche, plusieurs individus se distinguent par leur rôle dans la suite des violences.
Trois individus repérés au sein du groupe d’ultragauche
Les vidéos permettent d’identifier trois profils précis dans le camp d’ultragauche, désignés par les enquêteurs comme « numéro 1 », « numéro 2 » et « numéro 3 ». Le premier porte un bonnet noir, des gants, un jean clair et des baskets. On le repère d’abord lors de la bataille rangée, puis quelques minutes plus tard, lorsque les deux groupes remontent la rue Lagrange en continuant de s’affronter.
Une cinquantaine de mètres plus haut, ces images montrent « numéro 1 » et une quinzaine de militants d’ultragauche s’en prenant à trois militants d’ultradroite, dont Quentin Deranque, à terre. Sur la vidéo, « numéro 1 » assène un coup de pied à la tête de ce dernier. « Numéro 2 », entièrement vêtu de noir, masqué, avec des gants blancs, apparaît d’abord en retrait pendant la bataille générale. Mais lors du passage à tabac, il fauche un militant d’ultradroite puis frappe à son tour, très violemment, la tête de Quentin Deranque.
Un possible meneur et les dernières secondes filmées
Le troisième individu, « numéro 3 », porte une veste verte, un pantalon sombre et des chaussures blanches. Non masqué, il est particulièrement actif dans les affrontements. Ses gestes, visibles sur plusieurs séquences, laissent penser qu’il joue un rôle de coordination au sein du groupe. Alors que Quentin Deranque gît au sol, « numéro 3 » ramasse un téléphone tombé au cours de la rixe, puis semble inciter ses camarades à prendre la fuite.
La vidéo s’interrompt quelques secondes plus tard. À ce stade de l’enquête, il s’agit de la dernière image connue des violences ayant entraîné la mort du jeune militant. Ces éléments vidéo, croisés avec les auditions et les autres pièces du dossier, doivent aider la justice à préciser les responsabilités individuelles dans les coups mortels portés à Quentin Deranque.




