Après la mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans agressé jeudi à Lyon en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, les tensions politiques montent. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annonce qu'"une dizaine" de permanences de députés de La France insoumise ont été dégradées dans la nuit de vendredi à samedi, dans plusieurs endroits du pays.
Des dégradations ciblant des élus LFI
Invité lundi matin sur une radio nationale, Laurent Nuñez décrit une série d'attaques contre des permanences d'élus LFI survenues dans les heures ayant suivi le décès de Quentin Deranque, survenu samedi des suites de ses blessures. L'étudiant, militant du collectif identitaire Némésis, assurait le service d'ordre d'une action de protestation contre la venue de Rima Hassan à Sciences Po Lyon lorsqu'il a été violemment passé à tabac. Une enquête pour homicide volontaire est ouverte.
Mobilisation de groupes nationalistes et inquiétudes du ministère
Le ministre de l'Intérieur fait également état de "nombreux rassemblements" de militants nationalistes, royalistes et identitaires observés "un peu partout" en France dimanche. S'il reconnaît ne pas disposer à ce stade d'éléments précis sur d'éventuelles actions à venir, il insiste sur la nécessité pour ses services d'anticiper d'éventuelles tensions ou violences supplémentaires autour de cette affaire.
La France insoumise sous le feu des critiques
Depuis l'agression de Quentin Deranque, plusieurs responsables politiques de droite et de la majorité s'en prennent à La France insoumise. Ils dénoncent notamment des liens supposés entre le mouvement et La Jeune Garde, un groupe antifasciste lyonnais dissous en juin dernier, dont certains membres sont accusés par le collectif Némésis d'avoir participé à l'attaque. Laurent Nuñez affirme que "manifestement l'ultragauche était à la manœuvre" et évoque un "lynchage manifeste". Il parle aussi de "liens extrêmement forts" entre La Jeune Garde et LFI, sans que ces éléments ne soient à ce stade confirmés par la justice.
Un débat politique vif, une enquête encore en cours
Dans le camp gouvernemental, la porte-parole Maud Bregeon accuse LFI d'avoir une "responsabilité morale" dans la montée des violences politiques. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin dénonce, lui, une "complaisance" de La France insoumise et plus largement des "partis extrêmes" vis-à-vis de la violence politique. À l'inverse, la députée écologiste Sandrine Rousseau estime que LFI est la cible d'"une cabale" et rappelle qu'"on ne sait pas encore" qui est responsable de l'agression. Elle insiste sur la nécessité de laisser travailler la justice.
La Jeune Garde nie toute implication
Dans un communiqué publié dimanche, La Jeune Garde assure n'avoir "aucune responsabilité" dans les "tragiques événements" survenus à Lyon. Le mouvement antifasciste affirme avoir suspendu toutes ses activités depuis sa dissolution administrative. L'enquête se poursuit pour identifier les auteurs de l'agression mortelle et préciser les circonstances exactes des faits, tandis que la classe politique s'affronte déjà sur les responsabilités et le climat de violence.




