Narcotrafic : donner une place aux victimes collatérales

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13/5/2026
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Narcotrafic : donner une place aux victimes collatérales
Protection et sécurité

Cinq personnes ont perdu la vie samedi 11 mai, dans deux drames distincts qui pourraient être liés au narcotrafic. Trois sont mortes dans un incendie criminel à Décines-Charpieu, près de Lyon, et deux autres dans une fusillade à Nice. Des victimes qui n’étaient pas directement visées, mais qui se retrouvent au cœur de violences liées aux trafics de drogue.

Deux drames en une journée, le narcotrafic en toile de fond

À Décines-Charpieu, un incendie volontaire a ravagé un immeuble d’habitation, provoquant la mort de trois personnes. Le même jour, à Nice, des tirs éclatent en pleine rue et coûtent la vie à deux passants. Dans les deux cas, les enquêtes s’orientent vers un contexte de règlement de comptes ou d’intimidation autour du trafic de stupéfiants. Les personnes décédées n’étaient pas, à ce stade, considérées comme des acteurs de ces trafics, mais comme des victimes collatérales.

Mettre en lumière les "victimes innocentes" de la grande criminalité

Pour Fabrice Rizzoli, spécialiste de la grande criminalité et des mafias, ces drames posent une question centrale : comment mieux reconnaître celles et ceux qui meurent sans avoir aucun lien avec les trafiquants ? Selon lui, ces "victimes innocentes" restent souvent noyées dans la rubrique faits divers, alors qu’elles incarnent de plein fouet l’impact du narcotrafic sur la société. Leur donner un visage, un nom et une place dans le débat public permettrait de mieux mesurer le coût humain de ces violences.

Un modèle d’inspiration : ce qui se fait déjà en Italie

L’expert plaide pour une évolution du regard en France, en s’inspirant de ce qui existe en Italie. Dans ce pays marqué par l’histoire des mafias, les victimes civiles de la criminalité organisée sont davantage mises en avant, commémorées et reconnues. Associations, écoles et institutions travaillent ensemble pour raconter leurs histoires et rappeler qu’elles ont été tuées parce qu’elles se trouvaient sur le chemin d’organisations criminelles, pas parce qu’elles en faisaient partie.

Pourquoi cette reconnaissance est un enjeu de société

Derrière cette demande de visibilité se joue un enjeu plus large : considérer le narcotrafic non seulement comme un problème de police ou de justice, mais aussi comme une question de protection des citoyens. En reconnaissant ces victimes, il s’agit de montrer que la grande criminalité ne touche pas qu’un "milieu" isolé, mais qu’elle met en danger tout le monde, dans l’espace public comme dans les lieux de vie. Une façon, aussi, de rappeler que lutter contre les trafics, c’est d’abord protéger des vies ordinaires.

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