Marine Le Pen connaîtra le 7 juillet l'issue de son procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Rassemblement national. La cour d'appel de Paris s'est donné plusieurs mois pour rendre sa décision, qui pourrait peser lourd sur l'avenir politique de la cheffe de file du RN, potentielle candidate à la présidentielle de 2027.
Une peine lourde requise par le parquet général
Lors de l'audience, le parquet général a demandé contre Marine Le Pen quatre ans de prison, dont trois avec sursis, ainsi que cinq ans d'inéligibilité. Si ces réquisitions sont suivies par la cour, elle serait empêchée de se présenter à l'élection présidentielle de 2027. L'affaire porte sur le soupçon d'emplois fictifs d'assistants au Parlement européen, dont le préjudice est évalué à plus de trois millions d'euros au détriment de l'institution européenne.
Une défense qui espère un "changement de climat" en appel
Son avocat, Rodolphe Bosselut, décrit une cliente qui "a un fond fataliste", tout en laissant la porte ouverte à une issue plus favorable : "Nous verrons bien" la décision, dit-il, estimant que "nous ne sommes peut-être pas à l'abri d'une bonne surprise". Il juge que la première instance a fonctionné comme une "machine infernale", tandis que l'audience en appel lui a semblé "plus sereine, apaisée". Selon lui, la "complexité du dossier" est davantage apparue devant la cour, qui devra répondre à de nombreux arguments juridiques soulevés par la défense.
La ligne de défense : contester l'existence d'un "système"
Sur le fond, Rodolphe Bosselut affirme qu'aucun "système" organisé par le parti pour détourner des fonds européens n'a été mis en place. Il soutient que, dans d'autres dossiers comparables concernant des assistants parlementaires européens, les sanctions prononcées ont été beaucoup moins lourdes que celles décidées en première instance et requises en appel. Il cite notamment le dossier des assistants du MoDem au Parlement européen, en rappelant toutefois que le montant du préjudice reproché dans cette affaire était inférieur à celui imputé à l'ex-Front national.
Un enjeu direct pour une éventuelle candidature en 2027
Marine Le Pen a déjà annoncé qu'elle déciderait d'une quatrième candidature à l'élection présidentielle au moment où sera connue la décision de la cour d'appel, le 7 juillet, sans attendre un éventuel pourvoi en cassation. La décision de la cour ne tranchera donc pas seulement un dossier judiciaire sensible, mais pourrait aussi redessiner le paysage politique à l'approche de 2027.




