Sandrine Rousseau dénonce une offensive contre l’antifascisme

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25/2/2026
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Sandrine Rousseau dénonce une offensive contre l’antifascisme
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Invitée de « La Matinale » mercredi 25 février, la députée écologiste de Paris Sandrine Rousseau a réagi à la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon et à la riposte du gouvernement. Elle critique une stratégie qui ciblerait, selon elle, prioritairement les mouvements antifascistes et La France insoumise (LFI), alors que l’extrême droite progresse dans le pays.

La dissolution de La Jeune Garde au cœur de la polémique

Après la mort de Quentin Deranque, le gouvernement a saisi la justice pour reconstitution de ligue dissoute visant La Jeune Garde, un groupe d’ultra-gauche cofondé en 2018 par le député LFI Raphaël Arnault et déjà dissous en 2025 en Conseil des ministres. Sandrine Rousseau reconnaît que la dissolution est « une manière de désorganiser temporairement un mouvement », mais s’interroge sur son efficacité réelle. Elle pointe le manque de suivi : « Quelle surveillance est mise en place ? Quelles poursuites sont engagées ? Quelles condamnations sont effectivement prononcées ? »

Concernant La Jeune Garde, elle rappelle qu’une enquête est en cours et que la justice doit se prononcer. Elle affirme cependant avoir « le sentiment » que cette procédure vise aussi à empêcher le retour de Raphaël Arnault à l’Assemblée nationale, tout en rappelant qu’à ce stade, il n’est pas impliqué dans les violences commises à Lyon, qu’elle dit condamner « sans réserve ».

Une action politique contre LFI, selon Sandrine Rousseau

Interrogée sur un éventuel ciblage politique de LFI et de Raphaël Arnault par l’exécutif, Sandrine Rousseau estime qu’il existe « une volonté de le mettre en difficulté ». Elle insiste : « À ce stade, il n’est pas impliqué dans les violences survenues à Lyon. » La députée écologiste déplore que LFI soit aujourd’hui accusée « de tous les maux », au point d’apparaître comme « le principal danger pour la démocratie » dans le débat public.

Elle replace ce bras de fer dans un contexte de montée de l’extrême droite et rappelle le rôle historique du front républicain, conçu pour faire barrage au Rassemblement national au nom d’un engagement antifasciste. C’est dans ce cadre qu’elle lance sa formule : « On s’en prend à l’antifascisme au moment même où l’extrême droite est à un niveau historiquement élevé », s’interrogeant sur le choix du gouvernement de « stigmatiser sans nuance » LFI alors que, selon elle, le risque principal se situe du côté de l’extrême droite.

Dissolutions de l’ultra-droite : un outil jugé insuffisant

Le gouvernement a aussi annoncé son intention de dissoudre plusieurs groupuscules d’ultra-droite, au moins trois selon les déclarations publiques, parmi lesquels pourrait figurer le collectif identitaire féministe Némésis. Sandrine Rousseau rappelle qu’un ancien ministre de l’Intérieur a, par le passé, publiquement soutenu ce groupe, et juge nécessaire de dissoudre les organisations d’extrême droite « lorsqu’elles sont violentes ».

Mais là encore, la députée écologiste insiste sur la question du suivi. Elle demande ce qui est fait concrètement après ces décisions : surveillance des réseaux, en particulier sur des plateformes chiffrées comme Telegram, identification des relais et des modes d’action des militants. Sans ce travail de fond, estime-t-elle, les dissolutions restent surtout des « opérations ponctuelles » très visibles médiatiquement, mais peu efficaces sur le terrain.

Une réponse judiciaire jugée trop faible face aux violences d’extrême droite

Pour illustrer son propos, Sandrine Rousseau évoque une enquête journalistique consacrée aux violences d’extrême droite à Lyon. D’après ce travail, explique-t-elle, environ 70 % des actes recensés n’auraient donné lieu à aucune poursuite judiciaire. La députée y voit la preuve d’un manque de fermeté de la justice face aux violences fascistes.

Elle formule une demande claire : que des poursuites soient « systématiquement engagées » contre les auteurs d’actes violents, afin qu’ils soient effectivement traduits en justice. Selon elle, la seule dissolution de groupes radicaux, sans enquêtes approfondies ni condamnations, ne permet pas de lutter efficacement contre la violence politique. Elle plaide donc pour une stratégie mêlant interdiction administrative des groupuscules les plus dangereux et réponse pénale rigoureuse, afin de traiter les causes autant que les symboles.

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