Le militant antinarcotrafic Amine Kessaci affirme vivre « une lutte à mort » face aux réseaux de drogue. Exfiltré jeudi d’un meeting de campagne à Aix-en-Provence en raison d’une « menace imminente », le jeune Marseillais de 22 ans, engagé aux côtés du maire de Marseille Benoît Payan pour les municipales, vit depuis plusieurs mois sous haute protection policière. « Soit c’est la République qui gagne, soit ce sera le narcotrafic à travers mon assassinat », résume-t-il, refusant de céder à la peur.
Un militant sous protection policière permanente
Amine Kessaci explique qu’il a été officiellement informé de menaces sur sa vie dès le mois d’août. Depuis la deuxième semaine de septembre, il bénéficie d’une protection rapprochée. L’exfiltration d’Aix-en-Provence constitue toutefois un tournant : « C’est la première fois que je suis exfiltré », raconte-t-il, disant avoir ressenti de « l’incompréhension » plutôt que de la peur. Ses déplacements sont désormais « très millimétrés et tenus secrets », ce qui l’empêche de mener une vie quotidienne normale.
Une vie bouleversée mais un engagement maintenu
Le jeune militant décrit une existence largement entravée : plus de courses au supermarché, plus de restaurant avec des amis, des sorties limitées et encadrées. Malgré tout, il assure ne pas envisager de se retirer de la lutte contre le narcotrafic : « Me taire, c’est risquer ma vie, ne pas parler, c’est risquer ma vie. Je suis à une phase où faire machine arrière, ce n’est plus possible. » Selon lui, renoncer maintenant reviendrait à offrir une victoire symbolique aux trafiquants.
Le poids du deuil et l’attente de justice
L’engagement d’Amine Kessaci est aussi nourri par un drame familial. Son frère Mehdi a été tué à Marseille le 13 novembre dernier et les enquêteurs soupçonnent l’implication de réseaux de narcotrafic. « Ce que je suis en train de vivre, c’est véritablement une lutte à mort », répète-t-il, estimant que sa disparition « anéantirait un espoir de victoire dans cette guerre ». Il dit puiser sa force dans « ces mères, ces vies, ces familles des quartiers avec qui j’ai grandi » et affirme attendre « avec impatience » le procès de ceux qu’il qualifie de « lâches », « traîtres » et « assassins » de son frère, pour les affronter devant la justice.




