L’ancien argentier de l’Élysée, son conjoint et un collectionneur de porcelaine étaient jugés jeudi 26 février au tribunal correctionnel de Paris. Ils sont accusés d’avoir subtilisé et revendu de la vaisselle appartenant au palais présidentiel, pour une valeur estimée à près de 380 000 euros. Le parquet a demandé des peines de quatre à huit mois de prison ferme, aménagées sous bracelet électronique.
Un détournement d’objets de l’Élysée
Thomas M., qui gérait les dépenses de la présidence, reconnaît avoir emporté "une centaine de pièces de porcelaine" de l’Élysée entre 2023 et 2025. Assiettes, couverts, cendriers : ces objets officiels, destinés aux tables du palais, sont progressivement soustraits. À l’audience, l’ancien argentier explique avoir d’abord voulu agrémenter son propre "buffet", se décrivant comme un grand amateur d’art de la table.
Des difficultés financières et un réseau de revente
Selon le récit des prévenus, la démarche change de nature lorsque le couple rencontre des problèmes d’argent. Le conjoint de Thomas M., Damien G., antiquaire, cherche alors un acheteur. Il trouve un passionné de porcelaine sur internet, un agent d’accueil au Louvre, d’une trentaine d’années. Pendant deux ans, des cartons de vaisselle et d’objets sont ainsi vendus, pour un gain total d’environ 15 000 euros pour le couple.
La bonne foi contestée de l’acheteur
À la barre, le collectionneur affirme n’avoir "pas eu de soupçon" sur la provenance des pièces, qu’il décrit comme "des modèles qu’on peut voir aux enchères". Une version mise en doute par la procureure, qui estime qu’"un collectionneur de [son] niveau ne pouvait pas ignorer que ça provenait d’un vol". Les trois mis en cause disent aujourd’hui avoir leur vie "dévastée" et se sentir "jetés en pâture" depuis la médiatisation de l’affaire.
Des peines aménageables requises, verdict en avril
Le parquet a requis pour chacun des trois prévenus une peine de prison ferme, mais sous la forme d’un aménagement avec bracelet électronique, comprise entre quatre et huit mois selon les responsabilités de chacun. Le jugement a été mis en délibéré : le tribunal doit rendre sa décision le 16 avril. D’ici là, les anciens proches de l’Élysée restent sous la menace d’une condamnation pour vol et recel de biens publics de grande valeur.




