Les drones sont devenus un maillon clé du narcotrafic. Longtemps cantonnés aux livraisons en prison, ils servent désormais à organiser et sécuriser le commerce de drogue, selon une note récente de l'office anti-stupéfiants.
En 2025, plus de 2 100 livraisons réussies vers des établissements pénitentiaires ont été recensées : téléphones portables, stupéfiants et divers objets sont ainsi acheminés par les airs. Mais l'usage des drones dépasse désormais les murs des prisons.
Sur certains points de deal, des appareils sont utilisés pour surveiller les abords et signaler l'arrivée de la police, en complément ou à la place des guetteurs, souvent des mineurs. Les responsables de réseaux s'en servent aussi pour contrôler la présence des vendeurs. À Marseille, un drone a même permis de réaliser des vues aériennes destinées à guider les clients, diffusées ensuite sur les réseaux sociaux.
Les enquêteurs observent aussi ces engins dans des zones stratégiques, comme le port du Havre, où ils servent à repérer les terminaux et les conteneurs susceptibles de cacher de la cocaïne. En Espagne, une organisation a été démantelée alors qu'elle importait de la résine de cannabis depuis le Maroc grâce à un « essaim » de drones, jusqu'à huit appareils volant simultanément et transportant chacun jusqu'à trois kilos de drogue, pilotés à distance depuis un salon. Ce type de dispositif n'a pas encore été constaté en France, mais il illustre l'usage croissant des drones dans le trafic à l'échelle européenne.



