Le gouvernement relance le débat sur l’accès aux messageries chiffrées comme Signal, WhatsApp ou Telegram. Le ministre de l’intérieur Sébastien Lecornu a confié au député Florent Boudié, président de la commission des lois, une mission sur d’éventuelles évolutions juridiques. Objectif affiché : permettre, sous conditions strictes, l’accès des enquêteurs et des services de renseignement à certaines communications chiffrées.
Ces services réclament depuis des années des moyens accrus. Le chiffrement dit « de bout en bout » empêche en effet toute lecture des messages, y compris par l’éditeur de la messagerie : seuls les participants à la conversation peuvent les consulter. Les autorités estiment que ce verrou complique la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.
Une première tentative avait eu lieu lors de la loi sur le narcotrafic, en février 2025. Un amendement proposait de contraindre les développeurs de messageries à adapter leur chiffrement afin de permettre, sur décision judiciaire ou administrative, l’accès aux échanges. Le texte, soutenu par plusieurs ministres, avait finalement été rejeté, face aux critiques d’élus et d’experts dénonçant un risque d’affaiblissement global de la sécurité numérique.
La nouvelle mission doit donc explorer d’autres pistes, en théorie plus encadrées. Le rapport de Florent Boudié est attendu dans un délai de trois mois sur le bureau du Premier ministre. Il pourrait servir de base à de futures réformes, dans un équilibre encore à trouver entre impératifs sécuritaires et protection de la vie privée en ligne.



